Jean-Pierre Dorat

Jean-Pierre
Dorat33 minutes de lecture

Interviewé par Olivier Barbery

Octobre 2021

Article tiré du N°3 du magazine

Quelle chance d’avoir entre les pages de ce magazine, les paroles de ce grand monsieur du doublage. Contrairement à d’habitude, il ne s’agit pas d’un comédien mais d’un directeur artistique. Et pas des moindre puisque l’on se parle de Jean-Pierre Dorat. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il suffit de jeter un œil à sa filmographie de direction de doublage – qui est malheureusement loin d’être exhaustive – à la fin de cette interview pour vous rendre compte de l’importance qu’a eu cet immense directeur artistique dans cet exercice.

Il était connu pour être très précis dans sa direction d’acteurs, en trouvant les mots justes pour faire comprendre une intention aux comédiens. Cette précision, au service des œuvres qu’il doublait, n’avait qu’un seul objectif, atteindre la vérité du texte et des émotions des acteurs à l’écran. Cette vérité, il tâcha film après film de la retranscrire le plus parfaitement possible. Et force est de reconnaître qu’il la trouvait la plupart du temps. Certains doublages dirigés pas Jean-Pierre Dorat sont de véritables bijoux de par leur justesse et l’intensité des émotions que les comédiens y déploient. Si nous ne devions en cité qu’un, ce serait Né un 4 juillet, qui est un sommet en la matière, et probablement la plus impressionnant prestation du regretté Patick Poivey.

Nous n’avons qu’un seul mot à dire à monsieur Dorat : « Merci ! » Merci pour ces doublages qui avaient la qualité de devenir invisibles, qualité d’un bon doublage.

Synchro : Pouvez-vous nous parler de votre enfance et de votre famille ?

 JPD : J’ai 84 ans. Je suis donc né avant la seconde guerre mondiale, en 1937, dans une famille juive. Ce qui fait que ma petite enfance a été assez trimballée. Jusqu’à la libération en 1945, c’était vraiment de l’improvisation permanente pour mes parents. En 1942 est née ma petite sœur. Et entre 1942 et 1945, nous étions dans le Vercors avec la Résistance, ce que l’on appelait les maquisards. (NDLR : le maquis du Vercors fut une importante base de la Résistance française réfugiée dans le massif du Vercors) On vivait dans les bois, on mangeait en cuisinant avec des feux entre des briques.

Mon père, Charles Goldblat, qui était acteur de formation, travaillait comme il pouvait à cette époque. Il travaillait dans une entreprise à Marseille qui s’appelait le Croque-fruits. Il a ensuite travaillé dans un petit village de la Drôme, dans une usine qui fabriquait de la ficelle.

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