Yves
Jeannes24 minutes de lecture

Yves Jeannes est détecteur synchro depuis plus de 35 ans. Ayant commencé sur le film Platoon d’Oliver Stone en 1986, il a détecté un nombre impressionnant de films dont la liste en fin d’interview est loin d’être complète.

Après un parcours au lycée en sport-études de haut niveau, Yves Jeannes, souhaite faire du montage dans le cinéma. Au milieu des années 80, il décroche un stage chez Alienor Productions, dirigée par Marie-Laure Reyre, l’occasion de se rendre finalement compte que ce n’est pas un métier fait pour lui. Le hasard veut qu’il soit présenté un jour à Claude Guerin, dirigeant de TTCV, qui le prend sous son aile, et lui offre l’opportunité de découvrir l’univers du doublage. Cette rencontre sera déterminante pour la suite de sa carrière. Il commence par faire des bouclages, touche à tous les métiers techniques de la chaîne de fabrication d’un doublage de film, ainsi qu’à la détection, activité qui deviendra la sienne.

La Détection est un exercice dont l’apprentissage prend du temps… beaucoup de temps. Il lui faudra une bonne année pour devenir autonome, sans être toutefois dans une maitrise totale cet art, qui nécessite quelques années de pratique supplémentaires.

Depuis lors, il travaille au sein des plus grands studios de la profession et sur la détection de films parfois devenus cultes ou légendaires.

Yves Jeannes est un véritable passionné. Un passionné de cinéma, de son métier, mais surtout de la notion du travail bien fait.

 

GLOSSAIRE

Ambiance : Brouhaha de paroles, perceptibles ou indistinctes, qui constitue le fond sonore d’un plan ou d’une scène.

Bande rythmo (bande rythmographique) ; Terme générique désignant la bande sur laquelle le détecteur codifie l’image et le son d’un métrage.

Bande mère : Bande rythmo sur laquelle l’auteur adapte les dialogues du film

Boucle : Séquence d’enregistrement d’une durée moyenne de 45 secondes déterminée par le détecteur en fonction de l’importance des dialogues.

Conformation : Vérification de la conformité technique d’une détection.

Croisillé : Tableau de bord répertoriant le numéro des boucles, le nom des personnages, le nombre de lignes de dialogue qui leur sont associées ainsi que leur emplacement précis sur la bande

Ligne : Phrase que lit et interprète un comédien dans la cadre du doublage et de la postsynchronisation. Une ligne est composée de 50 caractères (lettres, signes et intervalles). C’est l’unité de base servant à calculer le salaire du comédien.

Lipsync (contraction de lips synchronization : synchronisme labial) : codification du mouvement des lèvres des comédiens ainsi qu’une traduction en signes, de l’image et du son d’un film.

Synchro : En quelle année avez-vous commencé votre métier de détecteur ?

YJ : Je dirais en 1986. A cette époque-là, je n’avançais pas très vite en détection. Pas assez en tout cas. Il m’a fallu environ six mois pour m’entrainer à la détection. La société de Claude Guérin TTCV, ne faisait que des films de cinéma et ne voulait pas me lâcher sur un film tant que je ne maitrisais pas le métier.
L’important, c’était de savoir placer un texte VO synchrone, qu’il soit en langue étrangère ou bien en français.
Pour m’entrainer, on m’avait donné à faire un film en 16mm en français qui s’appelait Les Atomes gouvernent le Monde. Il ne durait qu’une trentaine de minutes, mais sa détection m’a pris un temps considérable. Je me souviens d’en avoir pleuré tant c’était difficile. Je m’étais dit que ce n’était pas pour moi. (Rires) Je devais faire 30 secondes de métrage dans la journée.

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